Il était une fois… Le Mépris

Un film de Antoine de Gaudemar

Réalisateur : Antoine de Gaudemar
Auteurs : Antoine de Gaudemar, Serge July, Marie Genin
Image Caroline Champetier, Pierre Isnardon, Sebastian Dewsbery
Son Thierry Blandin
Montage Marie Da Costa
Durée : 52 minutes
Format : 16/9
Version : Française & anglaise
Diffuseurs : France5, TCM, TSR, YLE, Canal+ Pologne

 

Intervenants
Jean-Luc Godard cinéaste
Michel Piccoli acteur
Charles Bitsch premier assistant réalisateur sur Le Mépris
Jacques Rozier réalisateur du documentaire « Paparazzi »
Alain Bergala historien du cinéma

 

 

Archives

« Le dinosaure et le bébé », entrevue de Jean-Luc Godard et Fritz Lang, INA

« Sept jours du monde : Pas de vacances romaines pour Brigitte Bardot », INA

« Pour le plaisir : Le cinéma selon Jean-Luc Godard », INA

« Paparazzi » & « Les choses de la vie », films de Jacques Rozier

 

 

11ème documentaire de la collection

« UN FILM & SON ÉPOQUE »

 

Histoire d’un film. « Le Mépris » est un film sur le cinéma. Adapté en 1963 d’un célèbre roman d’Alberto Moravia, le film est tourné en cinémascope et en couleur, et doté de moyens importants par un trio de producteurs français, italien et américain. Sur le tournage d’un péplum, il met en scène deux personnages mythiques du cinéma : Fritz Lang, dans son propre rôle, et Brigitte Bardot, alors la plus grande star du cinéma, dans celui de la jeune épouse d’un scénariste. Entre Rome et Capri, les deux couples implosent : le cinéaste légendaire et son producteur américain, le scénariste cinéphile qui trahit Fritz Lang pour de l’argent et  sa femme saisie par le désamour.

Histoire d’une époque. « Le Mépris » est un long panoramique à la fois nostalgique et bouleversant sur la plus grande crise de l’histoire du cinéma, au tournant des années 50-60, lorsque déferle la télévision. La production s’effondre et des milliers de salles ferment. Les vétérans d’Hollywood sont au crépuscule, les survivants tournent des épopées historiques sur le vieux continent et les coproductions transatlantiques se multiplient. En France, en Grande-Bretagne, en Italie, en Suède et en Europe de l’Est, le cinéma semble à l’inverse se réinventer.

Jean-Luc Godard met en scène la mort du cinéma classique et simultanément celle de la dernière star du cinéma. Encore quelques années, et Brigitte Bardot va disparaître à son tour des écrans : déjà les rockers suscitent des identifications et des mouvements de foule sans commune mesure.

Le monde occidental vit alors une sorte d’après-guerre. Le bras de fer nucléaire entre les USA et l’URSS autour des fusées de Cuba, qui s’est conclu au bénéfice des Etats-Unis,  inaugure « la coexistence pacifique ». La France en a fini avec ses interminables guerres coloniales et connaît une croissance économique exceptionnelle. À Washington en 1963, lors d’une marche pour les droits civiques, Martin Luther King prononce son célèbre discours : « I have a dream… ».

La génération du baby boom a entre 15 et 20 ans. Quelques années avant le cauchemar américano-vietnamien, elle vit en 45 tours dans une Europe intensément créative, aux couleurs éclatantes.

Histoire d’un cinéaste. Quand il tourne « le Mépris », Jean-Luc Godard a 33ans et il est avec François Truffaut l’un des chefs de file de la « Nouvelle vague ». « Jean-Luc Godard ne fait pas de films, il fait du cinéma » a dit de lui son opérateur Raoul Coutard.  Film d’amour sur un cinéma classique, européen et américain, en train de disparaître et dont, avec l’équipe des Cahiers du cinéma, Jean Luc Godard aura révélé l’importance capitale, « le Mépris »  a aussi une dimension autobiographique. Dans les scènes de ménage du couple Bardot – Piccoli, Jean-Luc Godard prête les traits, les phrases, les moments, les habits et les gestes du couple tourmenté qu’il forme avec Anna Karina.