Il était une fois… À nos amours

Un film de David Thompson

Réalisateur : David Thompson
Auteurs : David Thompson, Serge July et Marie Genin
Image Hervé Lodé
Son Thierry Blandin, Joël Flescher, Nicolas Schlomoff
Montage Eric Renault
Durée : 52 minutes
Format : HDCam, 16/9e
Version : Française
Copyrights : Folamour – ARTE France – TCM – 2012
Diffuseurs : Arte France, TCM, RTS

 

Intervenants :
Sandrine BONNAIRE rôle de Suzanne
Florence QUENTIN première assistante sur le film
Arlette LANGMANN scénariste du film
Dominique BESNEHARD rôle de Robert
Yann DEDET monteur
Jacques LOISELEUX directeur de la photo
Sylvie PIALAT régisseuse sur le film
Jacques FIESCHI critique, comédien dans le film
Cédric KAHN cinéaste

 

Archives
Maurice Pialat

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28ème documentaire de la collection

« UN FILM & SON ÉPOQUE »

 

Histoire d’un film : Suzanne, 15 ans à peine, collectionne les rencontres sexuelles. Son père, qu’elle admire, quitte le domicile conjugal du jour au lendemain. Prise entre une mère à demi folle et un frère tyrannique, Suzanne s’enfuit elle aussi, d’abord pour un mariage sans amour, puis avec un nouvel amant aux Etats-Unis. Pour interpréter Suzanne, Maurice Pialat engage Sandrine Bonnaire, une jeune inconnue de 16 ans, qui vit dans un HLM de banlieue parisienne, et lui-même joue le père de Suzanne. Les autres acteurs sont des amateurs, sauf Evelyne Ker, dans le rôle de la mère. Neuf mois de tournage, tensions fortes sur le plateau, changement de directeur photo, scènes non prévues : comme à chaque fois avec Pialat, le film est une aventure mouvementée.

Histoire d’une époque : La scénariste Arlette Langmann, qui partage alors la vie de Pialat, est aussi la sœur du réalisateur et producteur Claude Berri. Elle écrit un film largement autobiographique, inspiré de l’histoire de sa famille et de sa propre adolescence. Ce qui ne fera pas plaisir à Claude Berri. Génération pilule, liberté de mœurs et vide affectif : c’est une jeune fille de l’après féminisme, juste avant que n’apparaisse le sida et le retour de l’individualisme après les utopies collectives des années 70. Entre Sandrine qui vit sans entraves et ses parents qui n’ont jamais connu une telle liberté, l’affrontement est permanent. Ce conflit des générations, déjà très violent dans les années 70, perdure au début des années 80 : il est au centre du film de Maurice Pialat.
Histoire d’un cinéaste : À la sortie d’À nos amours, Sandrine Bonnaire est saluée comme une révélation. Le film, qui dépasse le million d’entrées, apporte à Pialat la reconnaissance : Prix Louis-Delluc, César du meilleur film, César du meilleur espoir féminin pour Sandrine Bonnaire. Alors âgé de 58 ans, Pialat est un cinéaste rare (dix films seulement), solitaire et heureux de l’être. Longtemps peintre, ce qui l’intéresse, c’est l’homme dans sa cruauté, sa noirceur, ses faiblesses. L’homme nu. Adepte du cinéma vérité et sans concession, il exercera une profonde influence sur les générations suivantes de cinéastes français.